Une conception du design basée sur une approche technique et plastique des matériaux, de leur capacités, de leurs expérimentations et de leur mise en oeuvre, avec un soucis du détail où chaque élément prend part au dessin de l'objet.

 Des projets qui se définissent par une transversalité entre usage et forme, affirmant la présence de l'objet.

 

 

Parcours : 

 

- 2015 : DNSEP Design Produit, ESAD de Reims

- 2014 : stage chez Matteo Gonet, Bâles, Suisse

- 2013 : DNAP Design Produit, ESAD de Reims

- né en novembre1989 à Paris

 

 

Expositions :

 

- 2015 :  DESIGN'R, le Cellier à Reims

- 2015 : VINO + DESIGN EXPO MILANO, exposition universelle de Milan

- 2014 :  Le Banquet Scientifique 2.0, Halles du Boulingrin à Reims

- 2012 : Fondation Alfred Gérard Les Rencontres du Goût, le Palais du Tau à Reims

 

 

Objets sonores

 

 

 L’omniprésence des sons qui nous entourent matérialise notre espace de perception.
Ils nous permettent de visualiser mentalement une entité, matérielle ou non et contribuent à cette faculté que l’on a d’imaginer.
 

C’est en cela que l’on parle d’objet sonore, non pas comme corps physique produisant du son ( on parlerait alors du corps sonore), mais comme une unité sonore ayant ses propres dimensions perceptives relatives à l’écoute, « tout phénomène et événement sonore perçu comme un ensemble, comme un tout cohérent et cela entendu dans une écoute réduite qui le vise pour lui-même, indépendamment de sa provenance ou de sa signification. ». C’est en ces termes que Michel Chion aborde dans ses travaux de recherches musicales, les notions d’écoute, d’objet et de corps sonore.
Il distingue notamment plusieurs types d’écoutes :


- L’écoute réduite, qui consiste à écouter le son pour lui-même, comme objet sonore en faisant abstraction de sa provenance réelle ou supposée, et du sens dont il peut être porteur. Il s’agit là d’une écoute totalement passive.
- L’écoute banale qui se concentre seulement sur la causalité du son, de sa provenance ainsi que de sa signification. On écoute pour comprendre
- L’écoute praticienne qui elle se spécialise dans une direction d’écoute spécifique, elle s’interroge sur elle-même, entendre pour analyser. (ex : l’acousticien cherche à déterminer la nature du signal sonore, le musicien quant à lui y entendra des groupes rythmiques ou des nuances harmoniques).
- L’écoute culturelle, a contrario de l’écoute naturelle, se détache du son (de l’événement sonore) sans pour autant l’ignorer, pour viser à travers lui un message, une signification ou bien des valeurs.

 

 

 

 

 

 

 

 Nous mettrons en exergue ces deux derniers types d’écoute relatifs aux corps sonores d’un objet pour comprendre la relation et l’importance du son (d’un point de vue physiologique : la sensation auditive) dans la conception de cette entité concrète et perceptible qu’est l’objet.


« Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? », Alphonse de Lamartine.


 La relation sentimentale et émotionnelle que l’on entretient avec un objet est liée, en grande partie, à son corps sonore et contribue donc indéniablement à son aspect métaphysique. Pourquoi parlerait-on de l’âme d’un violoncelle, cette petite pièce de bois reliant le fond à la table d’harmonie et permettant la transmission des ondes sonores, si ce n’est pour évoquer le coeur, la vie, de l’objet, de l’instrument. L’attention que l’on porte au son émit par l’objet est le plus souvent dénuée d’intérêt (relative à cette écoute passive, réduite) mais elle réside pourtant dans l’inconscient collectif. Pourquoi, sur la fonction d’appareil photo des Smartphones aurait-on reproduit le son du déclencheur d’un appareil argentique, si ce n’est pour matérialiser le geste que l’on faisait à l’instant de prendre un cliché avec ce type d’appareil. Le son est alors considéré comme étant la prise de conscience d’un geste, d’un mouvement, comme une trace de la mémoire.
 En effet, le son émis par un objet, de lui-même ou bien lors de sa manipulation, est un élément tout aussi important que la forme et la fonction de ce dernier, car il contribue pleinement à son existence. Nous pouvons considérer que le son produit par l’objet peut être un gage de matérialité, de substance, de valeur, de vie. Qu’il soit issu d’un système mécanique ou généré de par la composition matérielle de l’objet (son corps sonore), il est inhérent à l’objet et compose avec lui l’entièreté de son identité.

 

 

- Chion Michel, Guide des objets sonores, 1995, Buchet Chastel
- Schaeffer Pierre, Traité des objets musicaux, 1966 (première édition), Seuil

- de Lamartine Alphonse, Harmonies poétiques et religieuses, 1830